“Depuis que j’ai écrit mes premiers récits, j’ai été convaincu que je n’arriverais jamais à être un véritable écrivin si je ne vivais pas à Paris. Cela peut sembler trop naïf, mais voici un demi-siècle cette illusion était partgée, j’en suis sûr, dans tous les coins de la planète par d’innombrables jeunes qui regardaient la France comme la mecque de la littérature et de l’art. Quand je parvins enfin à réaliser mon rêve de vivre ici, la France commença à m’apprendre à découvrir l’Amérique Latine et à me decouvrir moi-même comme latino-américain. C’est ce qu’a écris Octavio Paz en présentant une anthologie: “Paris, capitale de la culture latino-américaine”. Il n’exagerait pas: ici les artistes et les écrivains d’Amérique Latine se connaissaient, se fréquentaient et se reconnassaient comme membres d’une même communauté historique et culturelle, tandis que là-bas, nous vivions retranchés dans nos pays, attentifs à ce qui se passait à Paris, Londres, où New York, sans avoir la moindre idée de ce qui avait lieu dans les pays voisins ni même, parfois, dans le nôtre.”
Mario Vargas Llosa.




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